Maladie de Scheuermann à Waterloo : cyphose dorsale de l’adolescent, bilan, thérapie manuelle, crochetage, dry needling et renforcement en kinésithérapie
Dernière mise à jour : 12 oct.

Sommaire
Introduction
Un adolescent de quinze ans se tient voûté. On le lui répète depuis des mois, à la maison comme à l’école : redresse-toi, tiens-toi droit. Il essaie, tient trois minutes, puis le dos retombe. Ce qui inquiète les parents, ce n’est pas seulement l’allure : c’est que la courbure ne s’efface plus lorsqu’il se redresse volontairement, et qu’il commence à se plaindre d’une barre entre les omoplates en fin de journée de cours. Ce tableau n’est pas un défaut de volonté ni un manque de discipline posturale. C’est la présentation la plus habituelle de la maladie de Scheuermann, aussi appelée dystrophie rachidienne de croissance.
Cette affection touche le rachis en pleine croissance. Les plateaux vertébraux, encore cartilagineux, se déforment sous contrainte : les vertèbres dorsales se cunéiformisent, c’est-à-dire qu’elles deviennent plus basses en avant qu’en arrière, et l’empilement se referme vers l’avant. La cyphose dorsale s’accentue, se rigidifie, et devient structurelle. Contrairement à une cyphose posturale souple, elle ne se corrige plus par la seule contraction volontaire des muscles du dos. C’est précisément cette perte de réductibilité qui doit alerter.
Au cabinet de Waterloo, la kinésithérapie occupe une place centrale dans la prise en charge de la maladie de Scheuermann, aux côtés du suivi médical et parfois du corset. Elle ne redresse pas une vertèbre déjà déformée, et il faut le dire clairement. En revanche, elle agit sur tout ce qui est modifiable : la souplesse des structures antérieures devenues rétractées, la mobilité des étages dorsaux qui se sont enraidis, l’endurance des muscles érecteurs du rachis qui ne tiennent plus la station assise prolongée, la respiration qui s’est appauvrie à mesure que le thorax se refermait, et la douleur myofasciale qui s’installe dans les régions surchargées.
Un adolescent qui se plaint d’un dos devenu douloureux pendant une poussée de croissance, un jeune adulte chez qui une cyphose rigide a été découverte sur une radiographie faite pour autre chose, ou un patient qui consulte en kiné en urgence à Buizingen pour une dorsalgie qui le réveille la nuit relèvent tous d’un même premier temps : un bilan précis, avant tout exercice. Cet article détaille ce que la maladie de Scheuermann est réellement, comment elle se reconnaît, ce que le bilan kinésithérapique recherche, et ce que la thérapie manuelle, le crochetage myo-aponévrotique, le dry needling et le renforcement progressif apportent concrètement à chaque étape.
La maladie de Scheuermann n’est pas une mauvaise posture
Le malentendu le plus fréquent consiste à ranger la maladie de Scheuermann dans la catégorie des mauvaises habitudes posturales. L’erreur est compréhensible, puisque les deux tableaux donnent un dos rond chez un adolescent. Mais le mécanisme, l’évolution et la conduite à tenir n’ont presque rien en commun.
Une atteinte du cartilage de croissance des plateaux vertébraux
Pendant la croissance, chaque corps vertébral grandit en hauteur grâce à une zone cartilagineuse située à ses deux extrémités, le plateau vertébral. Dans la maladie de Scheuermann, cette zone se fragilise. Sous l’effet des contraintes mécaniques répétées en flexion, le matériel discal fait hernie à travers le plateau et forme ce que l’on appelle une hernie intraspongieuse, ou nodule de Schmorl. La croissance de la partie antérieure du corps vertébral se ralentit, celle de la partie postérieure se poursuit normalement, et la vertèbre prend une forme de coin.
Trois ou quatre vertèbres consécutives suffisent pour que l’angle global de la cyphose augmente franchement. Le disque intervertébral, lui aussi, s’abîme : sa hauteur diminue, ce qui ajoute quelques degrés supplémentaires et explique la raideur segmentaire observée bien avant l’âge adulte. La déformation est donc osseuse et discale, pas musculaire.
Pourquoi la correction volontaire ne suffit plus
Dans une cyphose posturale, il suffit de demander au jeune de se redresser, ou de l’allonger sur le ventre, pour que la courbure s’efface presque entièrement. Les structures sont souples, seul le contrôle actif fait défaut. Dans la maladie de Scheuermann, la même consigne ne fait disparaître qu’une petite partie de la courbure. En extension passive, le rachis dorsal garde un segment rigide qui ne s’ouvre pas. C’est ce test de réductibilité, simple et reproductible, qui orientera le bilan et qui change complètement la stratégie de rééducation : il n’y a rien à gagner à répéter des consignes de redressement sur un segment mécaniquement bloqué, tant que la mobilité n’a pas été travaillée.
Formes dorsale et lombaire, deux présentations distinctes
La forme classique, dite dorsale ou thoracique, siège entre la cinquième et la onzième vertèbre dorsale. Elle donne le dos rond caractéristique, souvent associé à un enroulement des épaules et à une projection de la tête vers l’avant. Elle se voit, et c’est généralement ce qui amène en consultation.
La forme lombaire ou thoraco-lombaire est bien moins visible et passe souvent inaperçue pendant des années. Elle ne crée pas de bosse, mais un effacement de la lordose lombaire, un dos plat et des douleurs basses qui apparaissent surtout à l’effort. Elle est fréquente chez les adolescents très sollicités mécaniquement, en particulier dans les sports de charge, de flexion répétée ou de port. Son diagnostic est souvent plus tardif, et c’est fréquemment la douleur, non la déformation, qui fait consulter.
Reconnaître les signes chez l’adolescent et chez l’adulte
La maladie de Scheuermann se manifeste rarement par un symptôme unique. C’est l’association d’une déformation qui s’installe, d’une raideur et d’une douleur mécanique dans une période de croissance rapide qui doit faire évoquer le diagnostic.
Les signes qui doivent attirer l’attention
Le premier est l’aggravation progressive du dos rond sur quelques mois, souvent remarquée par un tiers plutôt que par l’adolescent lui-même : un entraîneur, un professeur, un parent sur une photo de vacances. Le deuxième est le caractère rigide de la courbure, qui ne s’efface pas au redressement. Le troisième est une douleur dorsale d’horaire mécanique, majorée par la station assise prolongée, les cours, les trajets et le port du sac, soulagée par le mouvement et le décubitus.
S’y ajoutent fréquemment une raideur marquée des ischio-jambiers, une tension des pectoraux et du grand dorsal, une fatigabilité posturale en fin de journée, et parfois une sensation de blocage respiratoire à l’effort lorsque le thorax est très refermé. Chez l’adulte, la déformation ne progresse plus mais la douleur peut persister ou apparaître tardivement, souvent à la charnière entre le segment rigide et les étages sus-jacents ou sous-jacents, qui compensent en permanence.
Les tableaux à ne pas confondre
Plusieurs situations donnent un dos rond douloureux à l’adolescence sans être une maladie de Scheuermann. La cyphose posturale pure reste entièrement réductible. Une scoliose peut coexister et modifie la lecture clinique dans les trois plans. Une spondylarthrite débutante donne une raideur matinale prolongée et des douleurs nocturnes de deuxième partie de nuit, avec un terrain et une évolution différents. Un tassement vertébral, une infection ou une lésion tumorale constituent des tableaux rares mais sérieux, évoqués devant une douleur permanente, non mécanique, accompagnée de fièvre, d’altération de l’état général ou de signes neurologiques.
Le contexte d’apparition aide beaucoup. Une douleur installée progressivement pendant une poussée de croissance n’a pas la même signification qu’une douleur survenue brutalement après un choc : un traumatisme osseux, comme une fracture de la clavicule, suit une logique de consolidation et de délais parfaitement différente de celle d’une dystrophie de croissance, qui s’étale sur plusieurs années et se surveille dans le temps. Dans tous les cas, c’est le médecin qui pose le diagnostic et demande l’imagerie ; le rôle du kinésithérapeute est de reconnaître ce qui ne colle pas au tableau attendu et de renvoyer vers l’avis médical sans attendre.
Ce que la radiographie montre, et ce qu’elle ne dit pas
Le diagnostic de maladie de Scheuermann est radiologique. Une radiographie du rachis de profil, prise debout en charge, suffit le plus souvent à le confirmer et à mesurer la déformation.
Les critères lus sur le cliché de profil
Le radiologue recherche une cunéiformisation d’au moins cinq degrés sur trois vertèbres adjacentes au moins, des irrégularités des plateaux vertébraux, un pincement de la hauteur discale et la présence de nodules de Schmorl. L’angle de cyphose dorsale est mesuré selon la méthode de Cobb, entre les vertèbres les plus inclinées du sommet de la courbure. Une cyphose dorsale physiologique se situe habituellement entre vingt et quarante-cinq degrés environ ; au-delà, et surtout en présence des signes vertébraux décrits, le cadre de la dystrophie de croissance devient probable.
La radiographie ne mesure ni la douleur ni la fonction
C’est le point essentiel pour la rééducation. Deux adolescents présentant le même angle de Cobb peuvent avoir des situations cliniques totalement différentes : l’un indolore, sportif, souple au niveau des ischio-jambiers et endurant en posture, l’autre douloureux dès une heure de cours, très enraidi et incapable de tenir un redressement quinze secondes. L’angle ne dit rien de l’extensibilité des chaînes antérieures, rien de l’endurance des érecteurs, rien de la mobilité costale ni de la part myofasciale de la douleur. Toutes ces dimensions sont modifiables, et ce sont elles que le bilan kinésithérapique explore.
L’inverse est vrai aussi : une cyphose radiologiquement modeste peut être très symptomatique si les étages voisins compensent en hyperextension. Le suivi radiologique sert à surveiller l’évolution de la déformation pendant la croissance et à décider d’un éventuel corset ; il ne sert pas à juger l’efficacité de la rééducation, qui se mesure sur la douleur, la mobilité, l’endurance et la capacité à tenir les activités scolaires et sportives.
Critère | Cyphose posturale | Scheuermann dorsal | Scheuermann lombaire |
Réductibilité au redressement | Complète, la courbure s’efface | Partielle, un segment reste rigide | Dos plat peu modifiable, lordose effacée |
Aspect des plateaux vertébraux | Normal | Irréguliers, nodules de Schmorl | Irréguliers sur la charnière thoraco-lombaire |
Cunéiformisation vertébrale | Absente | Présente sur trois vertèbres ou plus | Présente, souvent plus discrète |
Siège de la douleur | Interscapulaire, fatigue posturale | Sommet de la cyphose et charnières | Lombaire basse, surtout à l’effort |
Visibilité de la déformation | Variable selon l’attention portée | Nette, dos rond rigide | Faible, souvent diagnostic tardif |
Raideur des ischio-jambiers | Inconstante | Fréquente et marquée | Très fréquente |
Objectif prioritaire en rééducation | Contrôle actif et endurance | Mobilité en extension puis endurance | Contrôle lombo-pelvien et dosage des charges |
Le bilan kinésithérapique au cabinet de Waterloo
Aucun exercice n’est prescrit avant le bilan. Deux cyphoses d’angle identique ne se rééduquent pas de la même manière, et une séquence d’exercices standard appliquée à un segment rigide ne produit que de la compensation sur les étages voisins.
Ce que le bilan mesure réellement
La première étape est l’observation statique de profil et de face, en position debout spontanée : hauteur et siège du sommet de la cyphose, position de la tête, enroulement des épaules, effacement ou accentuation de la lordose lombaire, bascule du bassin. La photographie standardisée, reprise à intervalles réguliers, est un repère utile pour l’adolescent comme pour la famille.
Vient ensuite le test de réductibilité, en extension active debout puis en procubitus, qui distingue la part souple de la part structurelle. La mobilité segmentaire dorsale est testée étage par étage en extension et en rotation, de même que la mobilité costale et l’ampliation thoracique, mesurée au mètre ruban. L’extensibilité des ischio-jambiers, du droit fémoral, du grand dorsal, du grand pectoral et du petit pectoral est évaluée systématiquement, car ces rétractions entretiennent la fermeture antérieure. L’endurance des érecteurs du rachis et des fixateurs de l’omoplate est quantifiée par des tests de maintien chronométrés, qui serviront de référence objective aux séances suivantes.
Regarder au-delà du dos rond
Un bilan limité au rachis dorsal passe à côté de l’essentiel. L’examen du schéma respiratoire révèle souvent une respiration haute, thoracique supérieure, avec un diaphragme peu mobile ; cette composante explique une part de la fatigabilité et des tensions cervicales associées. Le contrôle lombo-pelvien est testé parce que la charnière lombaire compense fréquemment en hyperextension. La région cervicale basse et la ceinture scapulaire sont examinées, car l’antéposition de la tête génère ses propres douleurs, parfois plus bruyantes que la cyphose elle-même. Enfin, la palpation recherche les points trigger myofasciaux dans les trapèzes, les rhomboïdes, les élévateurs de la scapula et les érecteurs paravertébraux.
Les signaux qui imposent un retour vers le médecin
Certains éléments relevés au bilan ne relèvent pas de la rééducation seule et imposent un avis médical rapide : une douleur permanente non calmée par le repos, un réveil nocturne en deuxième partie de nuit, une raideur matinale prolongée au-delà de trente minutes, une fièvre, un amaigrissement, une aggravation rapide de la déformation sur quelques semaines, un trouble sensitif ou moteur des membres inférieurs, ou une douleur thoracique associée à un essoufflement inhabituel.
Un adolescent dont le dos devient brutalement très douloureux pendant un stage sportif, ou un patient qui ne peut plus rester assis en classe, mérite une consultation sans délai plutôt qu’une attente de plusieurs semaines. Le cabinet reçoit régulièrement des demandes de consultation rapide à Ceroux-Mousty dans ce contexte, afin de réaliser un premier bilan, d’écarter ce qui doit l’être et d’orienter correctement la suite.
Thérapie manuelle, crochetage et dry needling du rachis dorsal
La thérapie manuelle occupe la première partie de la prise en charge. L’objectif n’est pas de redresser la vertèbre, c’est de récupérer du mouvement là où il n’y en a plus, pour que le renforcement qui suivra s’exerce sur un rachis capable de bouger. Travailler l’endurance d’un dos verrouillé en flexion revient à renforcer une mauvaise position.
Mobilisations dorsales selon le concept Maitland
Les mobilisations passives postéro-antérieures appliquées sur les épineuses et les articulations costo-transversaires, graduées selon les degrés de Maitland, visent le gain d’extension segmentaire et la modulation de la douleur. Le choix du grade dépend de l’irritabilité : sur un dos très douloureux, des mobilisations de faible amplitude en début de course calment avant tout ; sur un dos raide et peu douloureux, des mobilisations de grande amplitude en fin de course cherchent le gain mécanique. La technique est appliquée étage par étage, en fonction de la cartographie de raideur établie au bilan, et jamais en force sur un rachis en croissance.
Mobilisations avec mouvement selon Mulligan et travail costal
Les mobilisations avec mouvement associent une correction manuelle maintenue par le kinésithérapeute et un mouvement actif réalisé par le patient. Au rachis dorsal, elles permettent de gagner en extension et en rotation sans provoquer de défense musculaire, parce que le mouvement reste piloté par le patient lui-même. Le travail costal complète l’ensemble : mobilisation des côtes en inspiration et en expiration, ouverture du thorax antérieur, travail du diaphragme. Beaucoup d’adolescents découvrent à cette occasion qu’ils ne mobilisaient plus du tout la partie basse de leur thorax.
L’auto-mobilisation, à faire chaque jour
Les gains obtenus en séance se perdent vite s’ils ne sont pas entretenus entre les rendez-vous. Trois auto-mobilisations simples sont enseignées et contrôlées : l’extension dorsale sur rouleau mousse placé au sommet de la cyphose, en appui progressif et sans forcer le cou ; l’ouverture thoracique en position de chevalier servant avec rotation du tronc ; et l’extension assise sur dossier de chaise, mains croisées derrière la nuque, en soufflant. Deux à trois minutes par jour, tous les jours, pèsent plus lourd dans le résultat final qu’une longue séance hebdomadaire isolée.
Crochetage myo-aponévrotique et dry needling des points trigger
Le crochetage myo-aponévrotique, ou fibrolyse diacutanée, s’adresse aux plans de glissement entre les différentes couches musculaires et aponévrotiques. Dans la maladie de Scheuermann, les zones les plus fréquemment traitées sont l’interface entre trapèze et rhomboïdes, les insertions du grand dorsal, les aponévroses des érecteurs paravertébraux et la région interscapulaire, où les adhérences entretiennent cette sensation de barre que les patients décrivent si souvent. L’intérêt du crochet est d’atteindre ces interfaces avec une précision que la main seule n’obtient pas.
Le dry needling cible les points trigger myofasciaux responsables d’une part importante de la douleur ressentie. Les muscles habituellement concernés sont le trapèze moyen et supérieur, les rhomboïdes, l’élévateur de la scapula, les érecteurs paravertébraux dorsaux et parfois les intercostaux. La ponction du point trigger par une aiguille sèche, sans produit injecté, obtient une réponse de contraction locale suivie d’une détente durable. Chez un patient jeune, l’indication est posée au cas par cas, expliquée précisément et conditionnée à l’accord du patient et de ses parents lorsqu’il est mineur ; elle vient en complément du travail manuel et actif, jamais à sa place.
Ces techniques passives ont une limite qu’il faut énoncer clairement : employées seules, elles soulagent sans rien construire. Leur utilité est de rendre possible la deuxième partie du traitement, celle qui produit le résultat durable.
Renforcement des érecteurs et reprogrammation posturale
C’est la partie la plus exigeante du traitement, et celle qui détermine le résultat à long terme. La déformation osseuse ne se corrige pas, mais la capacité à tenir une position correcte, à encaisser une journée de cours et à pratiquer un sport sans douleur dépend presque entièrement de ce travail.
Allonger l’avant avant de renforcer l’arrière
Renforcer les muscles du dos sur un thorax refermé et des ischio-jambiers rétractés conduit à l’échec. L’ordre compte. Le travail d’extensibilité porte d’abord sur les ischio-jambiers, dont la raideur bascule le bassin en arrière et efface la lordose lombaire, ce qui augmente mécaniquement la cyphose dorsale compensatrice. Il porte ensuite sur le grand pectoral et le petit pectoral, qui enroulent les épaules, et sur le grand dorsal, qui limite l’élévation des bras et participe à la fermeture antérieure.
Les étirements sont tenus suffisamment longtemps pour agir sur le tissu, répétés quotidiennement, et contrôlés en séance pour éviter les compensations : un étirement des ischio-jambiers réalisé en enroulant le dos entretient exactement ce que l’on cherche à corriger. Cette vérification technique justifie à elle seule plusieurs séances au début de la prise en charge.
Endurance plutôt que force maximale
Les érecteurs du rachis et les fixateurs de l’omoplate ne manquent pas de force maximale chez l’adolescent : ils manquent d’endurance. Un jeune capable de soulever une charge respectable est souvent incapable de maintenir son rachis en position neutre plus de vingt secondes. Le travail recherche donc des contractions tenues, répétées, à faible charge, dans des amplitudes utiles.
La progression habituelle comporte trois étapes. En décharge d’abord, en procubitus, avec des maintiens d’extension dorsale de faible amplitude, puis des mouvements alternés des bras et des jambes. En charge partielle ensuite, en quadrupédie et en position assise sur ballon, avec des maintiens plus longs et des perturbations légères. En charge complète enfin, debout, avec du travail de tirage, de rétraction scapulaire et de port de charge contrôlé, au plus près des contraintes réelles du quotidien et du sport pratiqué.
Trois exercices à faire à la maison
Le premier est l’extension dorsale en procubitus, front posé sur une serviette roulée, bras le long du corps, décollement léger du sternum maintenu une quinzaine de secondes, dix répétitions, sans casser la nuque en arrière. Le deuxième est le tirage élastique en rétraction scapulaire, élastique fixé devant soi à hauteur de poitrine, coudes qui glissent vers l’arrière en gardant les épaules basses, quinze répétitions lentes. Le troisième est le maintien en position neutre assise, dos décollé du dossier, trente secondes puis progressivement plus, à répéter plusieurs fois dans la journée, notamment pendant les devoirs.
Les exercices doivent être réalisés chaque jour, en quelques minutes, plutôt qu’en une longue séance hebdomadaire. Lorsque les déplacements compliquent la régularité du suivi, le cabinet organise la continuité en adaptant la fréquence des rendez-vous, et répond aux demandes de kiné en urgence à Chaumont-Gistoux lorsqu’une poussée douloureuse interrompt brutalement le programme en cours.
Reprogrammer la posture dans la vraie vie
Un adolescent ne passe pas sa journée en salle de rééducation. Le transfert dans le quotidien conditionne le résultat : hauteur de l’écran et du plan de travail pour les devoirs, choix et réglage du cartable porté sur les deux épaules et non sur une seule, pauses actives toutes les trente à quarante minutes pendant les révisions, position dans les transports. Ces ajustements paraissent modestes ; additionnés sur une année scolaire, ils représentent plusieurs centaines d’heures de contrainte en moins.
Corset, sport et vie quotidienne : ce qui aide réellement
Deux questions reviennent systématiquement en consultation : faut-il un corset, et faut-il arrêter le sport. Les réponses sont plus nuancées que ce que l’on entend souvent.
Le corset, une décision médicale et un temps précis
Le corset relève de la décision du médecin spécialiste, le plus souvent au vu de l’angle de cyphose, de la douleur, de l’évolutivité et surtout du potentiel de croissance restant, apprécié par la maturité osseuse. Il n’a d’intérêt que pendant la croissance, parce qu’il agit sur un rachis encore déformable ; une fois la croissance achevée, il ne corrige plus la déformation.
Lorsqu’un corset est prescrit, la kinésithérapie ne s’arrête pas, elle change d’objectif. Elle entretient la mobilité des segments voisins, préserve la capacité respiratoire, maintient le travail musculaire pendant les périodes de retrait de l’appareil, et accompagne le vécu parfois difficile du port quotidien. Au sevrage, le travail de renforcement devient prioritaire, parce que la musculature a été partiellement déchargée pendant plusieurs mois.
Le sport n’est pas l’ennemi
L’arrêt total du sport est rarement justifié et souvent contre-productif, tant sur le plan musculaire que psychologique. Ce qui compte, c’est le choix et le dosage. La natation, en particulier le dos crawlé, le vélo avec une position redressée, la marche, le renforcement en charge contrôlée et les activités en extension sont bien tolérés et généralement bénéfiques.
À l’inverse, les activités associant flexion répétée et charge axiale lourde, les réceptions de sauts en flexion, les charges maximales au-dessus de la tête mal contrôlées et les sports de contact pendant une phase très douloureuse demandent une adaptation temporaire, décidée au cas par cas plutôt qu’interdite par principe. Un adolescent contraint d’arrêter brutalement une pratique qu’il aime perd en motivation et en musculature ; l’objectif est d’aménager, pas de supprimer. En cas de poussée douloureuse aiguë au cours d’une saison sportive, une consultation rapide à Clabecq permet de réévaluer le dosage avant que la douleur ne s’installe durablement.
Ce qui change à l’âge adulte
Après la fin de la croissance, la déformation n’évolue plus. Beaucoup d’adultes porteurs d’une maladie de Scheuermann sont asymptomatiques et mènent une vie entièrement normale. Chez ceux qui restent douloureux, la gêne siège habituellement au sommet de la cyphose ou aux charnières de compensation, et le traitement reste le même dans son principe : entretien de la mobilité, endurance posturale, gestion des charges professionnelles et traitement des composantes myofasciales lors des épisodes douloureux. Les métiers imposant une station assise prolongée ou un travail penché en avant demandent une attention particulière à l’aménagement du poste.
Le parcours de soins en Belgique
La prise en charge d’une maladie de Scheuermann associe plusieurs intervenants : le médecin généraliste ou le pédiatre, souvent le premier consulté, le spécialiste en orthopédie ou en médecine physique, le radiologue et le kinésithérapeute. La coordination entre eux évite les discours contradictoires, particulièrement mal vécus par les adolescents et leurs familles.
Prescription, conventionnement et mutuelle
En Belgique, les séances de kinésithérapie sont réalisées sur prescription médicale. Les prestations sont codifiées dans la nomenclature de l’INAMI, les séances courantes relevant des codes de type K15 ou K20 selon la nature et la durée de la prise en charge, certaines situations lourdes et reconnues ouvrant l’accès à des modalités spécifiques. Le kinésithérapeute conventionné applique les conditions prévues par la convention nationale. Les démarches administratives s’effectuent auprès de votre mutuelle, qu’il s’agisse de Solidaris, de Partenamut, de la Mutualité Chrétienne ou d’une autre, qui vous informera des modalités applicables à votre situation. Honoraires affichés en cabinet.
Ce que la prescription doit mentionner
Une prescription précise fait gagner du temps à tout le monde. Elle indique utilement le diagnostic ou la localisation concernée, le nombre de séances envisagé, la fréquence souhaitée et, le cas échéant, le contexte particulier comme le port d’un corset ou une intervention programmée. Il est également utile d’apporter au premier rendez-vous les comptes rendus d’imagerie et les éventuels rapports du spécialiste, qui conditionnent le choix des techniques et l’intensité du travail proposé.
Délais, suivi et proximité
Le cabinet de Damien Leclercq est installé à Waterloo, en Brabant wallon, et reçoit des patients de l’ensemble de la province ainsi que du sud de Bruxelles. Le suivi d’une maladie de Scheuermann s’étale sur plusieurs mois, avec des phases plus rapprochées au moment du bilan initial et des épisodes douloureux, puis un espacement progressif vers un rythme d’entretien et de contrôle. La proximité compte dans ce type de prise en charge, parce que la régularité pèse plus que l’intensité : un patient qui demande un kiné en urgence à Corroy-le-Grand pour une poussée douloureuse sera vu rapidement, puis intégré dans un programme suivi plutôt que traité ponctuellement.
Le suivi comporte des temps de réévaluation planifiés, avec reprise des mesures initiales : tests de maintien chronométrés, extensibilité des chaînes postérieures et antérieures, ampliation thoracique, photographie de profil. Ces repères objectifs sont précieux chez l’adolescent, chez qui la perception de l’amélioration est souvent décalée par rapport aux progrès réels.
Témoignage d’un patient du Brabant wallon
« J’avais seize ans quand on m’a dit que mon dos rond n’était pas juste une mauvaise habitude. Depuis la quatrième, on me répétait de me redresser. Je le faisais, et trois minutes après j’étais à nouveau voûté. Ce qui m’a décidé à consulter, c’est la douleur entre les omoplates : vers la fin de la journée de cours, j’avais une barre, et je n’arrivais plus à rester assis pour mes devoirs. »
« Le médecin a demandé une radiographie de profil. Il m’a expliqué que trois vertèbres dorsales étaient déformées en coin et que c’était une maladie de Scheuermann. Sur le moment, le mot a fait peur à mes parents. On nous a expliqué que la déformation ne se corrigerait pas toute seule, que la croissance n’était pas terminée, qu’on allait surveiller, et qu’il fallait commencer la kinésithérapie sérieusement. »
« Ce qui m’a surpris au premier rendez-vous, c’est le temps passé à mesurer des choses qui n’avaient apparemment rien à voir avec mon dos rond. On a chronométré combien de temps je tenais une position, mesuré la souplesse de l’arrière de mes cuisses, regardé comment je respirais. Je ne mobilisais presque plus le bas de mes côtes. Et mes ischio-jambiers étaient tellement raides que je ne touchais pas mes genoux assis jambes tendues. »
« Les premières semaines, il y a eu beaucoup de travail manuel sur le dos, du crochetage dans la zone entre les omoplates parce que ça tirait tout le temps, et des aiguilles dans les trapèzes. Les aiguilles, je ne voulais pas au début. On m’a expliqué, mes parents étaient d’accord, j’ai essayé une fois, et c’est ce qui a enlevé la barre que je traînais depuis des mois. Mais on m’a bien dit que ça ne suffirait pas et que le vrai travail serait les exercices. »
« Ensuite ça a été du quotidien, pendant très longtemps. Des étirements de cuisses et de pectoraux tous les soirs, le rouleau sous le dos, des élastiques, et surtout tenir trente secondes assis sans dossier pendant les devoirs. Au début je tenais quinze secondes. J’ai porté un corset pendant un peu plus d’un an, ce qui n’a pas été la partie la plus agréable, mais j’ai continué les séances pendant tout ce temps. »
« Aujourd’hui j’ai vingt-deux ans. Mon dos est toujours plus rond que la moyenne, ça ne partira pas, et j’ai arrêté de m’en faire pour ça. Ce qui a changé, c’est que je n’ai plus mal. Je travaille devant un écran, je vais à la salle trois fois par semaine, je nage. Ce que je retiens, c’est que la forme de mes vertèbres n’a jamais bougé, et que ce n’était pas le problème : le problème, c’était que je n’avais ni la souplesse ni l’endurance pour la supporter. »
Questions fréquentes sur la maladie de Scheuermann
La maladie de Scheuermann est-elle grave ?
Dans la très grande majorité des cas, non. Il s’agit d’une dystrophie de croissance du rachis qui cesse d’évoluer à la fin de la croissance osseuse. Beaucoup d’adultes concernés sont totalement asymptomatiques. Les formes très évoluées, avec un angle de cyphose important ou un retentissement respiratoire, restent rares et relèvent d’une surveillance spécialisée. Ce qui compte en pratique, c’est de poser le diagnostic pendant la croissance, de surveiller l’évolution et de mettre en place la rééducation sans attendre que la douleur s’installe.
La kinésithérapie peut-elle redresser la cyphose ?
Elle ne redresse pas une vertèbre déjà déformée, et toute promesse en ce sens doit être écartée. En revanche elle réduit souvent la part souple de la courbure, parfois de plusieurs degrés en position corrigée, améliore nettement la mobilité et l’ampliation thoracique, et agit fortement sur la douleur et sur la capacité à tenir les positions du quotidien. Chez l’adolescent en croissance, elle accompagne également le port du corset lorsqu’il est prescrit.
Faut-il arrêter le sport ?
Rarement de façon totale. La natation, le vélo en position redressée, la marche et le renforcement en charge contrôlée sont généralement bénéfiques. Les activités associant flexion répétée et charge lourde, les réceptions de saut en flexion et les charges maximales au-dessus de la tête mal contrôlées demandent une adaptation temporaire pendant les phases douloureuses. La décision se prend au cas par cas, en fonction du bilan et du niveau de pratique, plutôt que par une interdiction générale.
Le crochetage et le dry needling sont-ils douloureux ?
Le crochetage provoque une sensation de frottement parfois vive sur les zones adhérentes, bien tolérée en général, avec une rougeur locale fréquente et transitoire. Le dry needling entraîne une contraction locale brève puis une courbature de quelques heures à deux jours. Chez un patient jeune, l’indication est discutée au cas par cas, expliquée en détail, et conditionnée à l’accord du patient ainsi qu’à celui des parents lorsqu’il est mineur. Ces techniques restent un complément du travail manuel et actif.
Combien de temps dure la prise en charge ?
La rééducation d’une maladie de Scheuermann se compte en mois, pas en semaines, parce qu’elle accompagne une période de croissance. Les séances sont habituellement plus rapprochées au début, le temps d’obtenir des gains de mobilité et d’installer correctement les exercices, puis s’espacent vers un rythme d’entretien et de contrôle. L’élément déterminant n’est pas le nombre de séances mais la régularité du travail quotidien à domicile, qui s’étend bien au-delà de la période de suivi rapproché.
Une prescription médicale est-elle nécessaire ?
Oui. En Belgique, les séances de kinésithérapie sont réalisées sur prescription médicale, établie par le généraliste, le pédiatre ou le spécialiste. Il est utile d’apporter au premier rendez-vous la prescription, les clichés et comptes rendus d’imagerie ainsi que les éventuels rapports du spécialiste. Le cabinet est conventionné INAMI ; pour les modalités administratives et de remboursement, voyez avec votre mutuelle.
Prendre rendez-vous au cabinet de Waterloo
Un dos rond qui s’accentue chez un adolescent en pleine croissance, une courbure qui ne s’efface plus au redressement, une barre entre les omoplates en fin de journée de cours, une impossibilité de rester assis pour travailler, ou une dorsalgie persistante chez un adulte porteur d’une cyphose connue méritent un bilan complet. Plus tôt la mobilité et l’endurance sont travaillées pendant la croissance, plus la situation reste simple à gérer ensuite.
Le cabinet de Damien Leclercq, kinésithérapeute à Waterloo en Brabant wallon, propose un bilan détaillé du rachis dorsal, de l’extensibilité des chaînes antérieures et postérieures, du schéma respiratoire et de l’endurance posturale, puis un traitement associant thérapie manuelle selon les concepts Maitland et Mulligan, crochetage myo-aponévrotique, dry needling des points trigger et programme de renforcement progressif, adapté à la scolarité et à la pratique sportive réelles du patient. Honoraires affichés en cabinet, conventionné INAMI.
Un dos rond qui s’installe ou une dorsalgie qui résiste ? Prenez rendez-vous avec Damien Leclercq, kinésithérapeute à Waterloo pour un bilan complet et un programme adapté à votre situation.


